Saint Amand Magnazeix en 1914 : Structure sociale de la population

Au 1er août 1914, Saint Amand Magnazeix comptait 1396 habitants (685 hommes, 711 femmes)


En 1914, Saint Amand est une commune essentiellement agricole. La plupart des hommes en âge de travailler (355) sont ‘’cultivateurs’’ (propriétaires, colons, métayers, journaliers, domestiques agricoles) ou ont des métiers en rapport avec l’agriculture : meuniers, charrons, forgerons.
Les cultivateurs pratiquent la polyculture vivrière et le polyélevage. L’agriculture n’est pas mécanisée. Pour les moissons, battage, fauchage et autres, chevaux, bœufs de trait et main d’œuvre humaine sont la norme.
Les hommes s’occupent des travaux des champs au rythme des saisons et fournissent un travail harassant et intensif qui, pour certains, parvient à peine à nourrir leur famille.

 

Une autre partie de la population masculine travaille dans le bâtiment : 98 maçons, 2 tailleurs de pierre, 1 charpentier, 4 menuisiers. Les maçons exercent leur métier en alternance entre Saint Amand et la région parisienne ou lyonnaise en fonction des saisons ou des chantiers.
A paris ce sont les 20ème, 14ème, 13ème et 4ème arrondissement qui accueillent ces migrants saisonniers ou temporaires.

Il est fréquent que les épouses restent à Saint Amand avec les nourrissons. Elles rejoignent ensuite leurs époux et confient les enfants aux grands parents, là elles travaillent chez des ‘’bourgeois’’ comme servantes, lingères, etc.
Certains homme ou ménages séjournent dans la capitale plusieurs années afin de se constituer un pécule et reviennent au pays pour acquérir et exploiter un lopin de terre.

 

Les femmes dans le recensement sont notées ‘’sans profession’’, cependant elles fournissent un travail important. Elles s’occupent des enfants et de la maison (ménage, lavage au lavoir, fabrication du pain, etc.). L’eau n’arrive pas dans la maison, il faut aller la chercher au puits ou à la fontaine.
Dans les fermes, la vie animale abonde : la gestion de la basse-cour, des lapins, du cochon, la traite des bêtes ainsi que l’entretien du jardin sont de leur ressort. De plus, elles apportent leur aide lors de certains travaux agricoles comme les moissons.

 

Les enfants (340 ont 14 ans ou moins) comme les personnes très âgées ont un rôle non négligeable, on leur confie des petits travaux (garde du bétail, glanage, ramassage des fruits, etc.)
Ils sont scolarisés dans le village car l’école est obligatoire et gratuite depuis 1881 et les enseignants (3 instituteurs et 1 institutrice) veillent à faire respecter la loi. Les enfants et les jeunes adultes, pour la plupart, savent lire, compter et signer leur nom.

 

Les fermes sont familiales et petites, plusieurs générations s’y côtoient : parents, enfants, grands-parents, petits-enfants, frères et parfois oncles, tantes, neveux. Certains foyers disposent de domestiques (25 servantes, 30 ouvriers agricoles) et les hébergent. Au sein des exploitations, chacun travaille et accomplit une tâche à la mesure de ses moyens.

Ce document a été réalisé en fonction des informations contenues dans le recensement communal d'avril 1911 (mis en ligne par les AD 87) et corrigé à partir des actes d'état civil de mai 1910 à juillet 1914.